Atelier "Jules Bastien-Lepage" - Montmédy le 5 novembre


ATELIER "JULES BASTIEN-LEPAGE"
Illustration pour : Meuse / ATELIER "JULES BASTIEN-LEPAGE"
Mercredi 5 novembre, les enfants pourront venir découvrir l'histoire du célèbre peintre meusien, Jules Bastien Lepage. Au programme : découverte de la vie du peintre et réalisation d'une œuvre. Cette activité pédagogique se déroulera dans le musée Jules Bastien Lepage.
Enfants de 6 à 14 ans.
Animation gratuite - réservation conseillée.
Coordonnées : 
Citadelle - ville haute
55600 MONTMEDY
Site : www.tourisme-montmedy.fr
Email : tourisme.otpaysdemontmedy@gmail.com
Téléphone : 03 29 80 15 90
Dates et Horaires : 
du 05/11/2014 au 05/11/2014
Horaires :
Mercredi de 14:00 à 15:00

Marché fermier à Avioth le 3 novembre

La Liberté habite à la campagne …


À la Toussaint, les blés semés et les fruits serrés….
Marché fermier à AVIOTH ce 3 novembre !




A la Saint-Hubert (3 novembre), l’hiver nous oblige à nous mettre à couvert !

Hé oui, c’est le retour de la saison froide et après une saison d’automne magnifique qui nous a apporté un beau soleil d’arrière-saison, nous sommes maintenant parés pour affronter le long hiver…


Le marché fermier se met à couvert au Centre de Partage d’Avioth, il rentre dans ses petits chaussons et nous offre un lieu douillet et chaud où il fait bon se retrouver tous les premiers dimanches des mois des frimas…

En novembre, le marché se fera en chambre …
C’est le premier marché qui se fera à couvert au Centre de Partage : et si le local est déjà un peu petit à cause du succès du marché, c’est à la chaleur humaine que nous nous chaufferons (vive les énergies renouvelables ;-)
C’est aussi le retour des produits d’hiver : à côté des produits habituels (fromages, vins, pains, légumes, etc), il y aura les truffes de Meuse, le Safran Gaumais, l’Escargot de Bleid, le chocolat de Recicourt…
Il y a comme d’habitude, la possibilité de se restaurer sur place, avec les produits locaux des producteurs présents.
La convivialité et l’amitié sont les invités d'honneur de ce petit marché paysan
Bienvenue à vous et vos amis !
C’est le dimanche 2 novembre de 9h30 à 13h30 dans les locaux du Centre de Partage à Avioth.

Pour info, les marchés fermiers des Saveurs d’Avioth se tiennent tous les premiers dimanches matins du mois tout au long de l’année, l’été sur la place, et en hiver, au Centre de partage…

Bienvenue à la campagne, c’est le moment d’y plonger vos racines et de faire réserve de goûts, de saveurs, de chaleur …


Organisation et information : Saveurs d’Avioth, 0032/479 437 419

Théâtre "Non merci !" - Stenay le 6 novembre - 20h30




Salle des fêtes de STENAY

6 novembre - 20h30

  NON MERCI !

Mis en scène par Alix Crambert
Interprété par Carl Hallak et Patrick Courtois

Théo, une jeune adolescent, en a assez d’être dépendant des autres. Désormais, il ne veut compter que sur lui-même pour s’habiller, se laver, préparer ses affaires… ce qui n’est pas évident quand on vit dans un centre spécialisé, cloué depuis dix ans sur un fauteuil roulant ! Mais Théo est décidé, et tant pis s’il se met tout le monde à dos ! Un prof de sport, haut en couleurs, va l’aider à regagner confiance en lui et dans les autres…
Cette pièce ne sonne pas comme une simple histoire pour enfants. Non merci ! c’est est d'abord l'épanouissement d'un personnage qui trouve assurance et détermination. Les deux comédiens, Carl Hallak et Patrick Courtois, dont le public du Nord meusien a déjà apprécié le talent,  incarnent avec puissance et délicatesse les principaux protagonistes.

Une histoire touchante à partager en famille




Réservations conseillées.   Tarifs : 10€/8€ (gratuité jusqu’à 7ans)

Organisation  Les Chat’Ernelle  03 29 80 60 39 / 03 29 80 18 72 / 06 33 28 99 81



 Les Chat’Ernelle.

Ce collectif réunit deux associations : Les Chats Bottés en balade pour le canton de Stenay,  et Les Amis de Sainte Ernelle, pour le canton de Montmédy.
Son ambition est de programmer sur le territoire de Montmédy et de Stenay des pièces de grande qualité jouées par des troupes professionnelles. Des séances spéciales en faveur de la jeunesse sont organisées en journée pour permettre aux établissements scolaires de les inclure dans leur programme culturel.

2ème nuit de l'horreur au Cinéma Lux le 31 octobre


Vendredi 31 octobre

2ème  NUIT DE L'HORREUR
organisée par le club ados du Centre Social et Culturel du Pays de Montmédy
en partenariat avec Cinéma Lux

SEANCES OUVERTES A TOUT PUBLIC au tarif habituel.

Les horaires sont tout à fait indicatifs, l'organisation étant laissée à la discrétion du club.
(seul l'horaire de départ est assuré avec le premier film)


20 H : DELIVRE NOUS DU MAL   (1h59)
22 H : CATACOMBES   ( 1h33)
0 H : AMERICAN NIGHTMARE 2  (1h26)
2 H : MASSACRE A LA TRONCONNEUSE
4 H : THE BABY (1h29)


La forteresse de Montmédy en 1914 par Michel Sailla


La forteresse de Montmédy en 1914
Funeste destinée de la garnison et de la compagnie de douaniers
par Michel Sailla




Michel Sailla est un ancien inspecteur régional
à la Direction Nationale du Renseignement et des Enquête Douanières



LA FORTERESSE DE MONTMEDY EN AOUT 1914
Funeste destinée de la garnison et de la compagnie de douaniers.

En cette année du centenaire du début des hostilités de la grande guerre, il est de notre devoir de raviver la flamme du souvenir sans omettre les réalités de l'Histoire.
Animé par l'exigence de mes deux entités, douanière et montmédienne, ma participation à la rédaction de cet article prend tout son sens par la présence, en août 1914, d'une compagnie de douaniers de  forteresse au sein de la garnison de la place de Montmédy. Afin d'appréhender l'histoire de cette place et des hommes qui l'ont composée, un bref rappel de la bataille des frontières et de son influence sur la destinée de cette forteresse paraît nécessaire. 
Grâce à l'Office du Tourisme Transfrontalier du Pays de Montmédy et de son président Jean Chevalier nous pouvons publier cette page d'histoire écrite par cette garnison, rapportée par le lieutenant-colonel Faurès ancien gouverneur de Montmédy, le capitaine de réserve Julliac, le  général allemand Von Moser, le témoignage anonyme recueilli par Paul Evrard et le compte-rendu très précis du brigadier des douanes Jules Dogny. Enfin, Jean Clinquart, dont nous avons tous connu son exigence et sa rigueur, nous a apporté, par son ouvrage « L'administration des douanes en France de 1914 à 1940 » les détails concernant cette unité douanière. 

Bâtie sur un promontoir de 380 mètres d'altitude, entre Longwy et Sedan, à 5 kilomètres de
le frontière belge, la place de Montmédy surplombe la rivière la Chiers, la voie ferrée descendant la vallée ainsi que les routes se dirigeant vers Sedan, Stenay et Verdun. En août 1914, cette voie ferrée reliait les gisements miniers de Briey/Longwy aux usines sidérurgiques installées dans la vallée de la Chiers jusqu'à Sedan. Trois tunnels étaient empreintés, dont le plus important, long de 835 m, traverse la colline sur laquelle est construite cette forteresse. Sa position stratégique avait déjà été mise à l'épreuve lors de la guerre de 1870, après la capitulation de Sedan, par un blocus de 92 jours et 2 terribles bombardements les 13 et 14 décembre 1870. 

La défaite de 1870 généra une refonte complète de l'armée française par la création, en imitant le modèle prussien, du « plan de mobilisation et de concentration » avec d'abord,  le passage à la circonscription en 1872, puis la création en 1873 des « régions de corps d'armée ». Ce premier plan, mis en application en 1875, prévoit le transport, le déploiement et l'organisation de l'armée française.   L'évolution   de   la   situation   internationale   imposait   des   mises   à   jour   régulières  d'où l'empilage de plans successifs jusqu'en 1914 et l'entrée en vigueur du 17e plan le 15 avril 1914.
(plan approuvé le 28 mai 1914 par le général Joseph Joffre, chef d'Etat-Major général).

MISSIONS DE LA FORTERESSE DE MONTMEDY

C'est dans ce cadre que la dépêche ministérielle 3731 1/11 du 6 avril 1909, rappelée en partie dans le mémoire de 1910, a défini le rôle de la forteresse de Montmédy  :

« En l'état actuel de l'armement et de la fortification, la place de Montmédy n'est pas susceptible de soutenir un siège ; elle est simplement appelée à servir de point d'appui aux troupes opérant dans la région :

- 1° pendant la période de couverture,
- 2° pendant la période des opérations actives.
- La place doit, en outre, assurer la protection de la voie ferrée et du tunnel. Le gouverneur ne doit dans aucun cas rendre la place avant d'avoir assuré la destruction du tunnel. Cette destruction ne peut   être   ordonnée   que   par  le   commandant   en  chef,   à  moins  que,   par  suite   de   circonstances exceptionnelles, le gouverneur n'ait à en prendre l'initiative.  
- La garnison qui lui est affectée comprend un bataillon d'infanterie du 65e régiment plus une compagnie de dépôt créée à la mobilisation, un demi-bataillon d'infanterie territoriale, une batterie d'artillerie   à  pied,   une  demi-compagnie   du  génie   territorial,  une   compagnie   de   douaniers  de forteresse   fournissant   des   postes   de   surveillance   de   la   frontière,   de   petits   détachements   de chasseurs forestiers, infirmiers, etc., et enfin des auxiliaires de places fortes, soit un total de 2.500 rationnaires. Etc... »

Dès le 31 juillet 1914 (télégramme 129/11 du 31 juillet),  l'appel à l'activité qui entre dans le
cadre du dispositif militaire dit de « couverture » place les douaniers, en situation qui n'est plus celle du temps de paix. Les postes fixes le long de la frontière relèvent du « premier appel ». En outre, comme la brigade des douanes de Chauvency-le-Château (10 km de la frontière), diverses unités de la région ont été désignées pour se rendre à la place de Montmédy afin de constituer une compagnie de douaniers de forteresse et participer à la défense de cette dernière. Cette compagnie, forte d'une centaine d'hommes commandée par le capitaine Ferrot, les lieutenants Klein et Laurent, s'est immédiatement mise sous les ordres du Gouverneur de la place afin de remplir les missions qui lui ont été assignées par la dépêche ministérielle précitée. Début août le gouverneur de la place âgé et fatigué est remplacé par le lieutenant-colonel Faurès, du 91e régiment d'infanterie.
A partir du 2 août,  les troupes de couverture se trouvant à 10 km de la frontière, les missions douanières commandées par le gouverneur consistent à patrouiller jour et nuit, dans la partie nord de la place. Le champ de surveillance s'étend du département des Ardennes à celui de la Meurthe-et- Moselle, en passant par les postes fixes habituels de Velosnes, Ecouviez, Thonne-la-Long, Breux et Thonne-le-Thil. A partir du 6 août un « service de sûreté » est également constitué avec des équipes de   douaniers,   de   chasseurs  forestiers,   des  patrouilles  d'infanterie   et   de   cyclistes   qui   s'avancent jusqu'à la frontière belge, voire au delà. Afin d'optimiser cette mission de surveillance dans cette région   boisée   et   accidentée,   le   sentier   des   douaniers   et   ses   lieux   d'observation   sont systèmatiquement   exploiter.   Quelques   escarmouches   ont   lieu  à   partir   du   9   août,  avec   des reconnaissances ennemies qui commencent à traverser les frontières. Le 16 août, les douaniers du poste   fixe   d'Ecouviez   abattent   un   uhlan   proche   du   village.  A  plusieurs   reprises   les   patrouilles ramènent   les   armes   de   soldats   allemands   qu'elles   ont   réussi   à   abattre.   Toutefois,   aucun renseignement sérieux n'a été rapporté au gouverneur sur l'avancée et la composition des armées ennemies.

LA SITUATION GENERALE DE LA REGION

Depuis les premiers jours d'août, les troupes françaises affluent vers la frontière ; la IIIe armée  (chef  d'état-major  Général  Ruffey),  s'échelonne  de  Montmédy à Verdun.  Le  Général  de Langle de Cary,  chef d'état-major de la  IVe armée, couvre l'aile gauche de la IIIe armée jusqu'à Sedan.   Le   14   août,   lorsque   la   phase  « concentration   et  déploiement »  est   terminée,  débute  les véritables opérations militaires et l'ultime phase du 17e plan, celles des offensives. Néanmoins le 15 août, depuis son entrée au Luxembourg le 2, en Belgique le 4, l'armée allemande n'a pas progresser.
Elle  est  toujours au contact  de l'armée belge  à Liège. Hormis les  incursions de patrouilles  de reconnaissance, aucun mouvement de troupe n'a depuis été observé.

C'est le 18 août, du GQG à Coblence, que Moltke donne le top départ de la manœuvre « Schlieffen ». Les cinq armées allemandes alignées entre Metz et Liège entament leur marche en avant. Celle au nord à grandes enjambées, celle du Kronpinz, à l'autre bout, peut se contenter d'unemodeste progression afin de respecter l'alignement de l'ensemble. Seul Wurtemberg (IVe armée ) avance ses premières troupes en Belgique. Le 21 août,  la IIe armée allemande (général Von Bülow) est   devant   Charleroi,   la   IVe   Armée   allemande   (Duc   Wurtemberg)   est   devant   Neufchâteau.

Contrainte à une progression mesurée afin de conserver le contact avec Metz la Ve armée allemande commence à bombarder Longwy et longe la frontière en direction des Ardennes belges. Le soir elle se situeà une vingtaine de kilomètres de Montmédy.

C'est suite à l'avancée des troupes allemandes que, vers le 19/20 août, l'ordre de marche est également donné par le général Joffre, commandant en chef des opérations. Devant les événements, il actualise le plan 17 en prévoyant d'attaquer au centre des forces allemandes entre Longwy et Sedan. Le soir du 20 août, il envoie aux IIIe et IVe armées, l’ordre de lancer, dans la nuit même, une offensive soudaine et violente dans le sud de la Belgique, entre les villes de Neufchâteau et celle d'Arlon (Province du Luxembourg). Montmédy étant pratiquement à la jonction des deux armées. elle voit passer, pendant deux jours et deux nuits, un défilé interminable de cavalerie, d'artillerie, de convois de toutes sortes ; tous les régiments se portent vers l'ennemi en Belgique. Le quartier général   du   2e   corps   d'armée   s'installe   à   Montmédy,   le   PC   avancé   de   la   IIIe   armée   à 10   km (Marville).

Le 22 août tout le sud de la province du Luxembourg s'embrase –   Le canon ne cesse de
tonner au nord de Montmédy. C'est pas moins de 15 batailles qui se déroulent simultanément de Longwy à Neufchâteau (50 km), dont plusieurs à quelques kilomètres seulement de la frontière (Virton,   Ethe,   Meix-dt-Virton,   Houdrigny,   Jamoigne,   Tintigny,   Bellefontaine,   Rossignol).
Malheureusement, nos troupes se heurtent aux effectifs considérables de l'ennemi déjà en position, supérieurement abrités et bien retranchés. L'élan généreux et l'ardeur imprudente de nos « pantalons rouges » et de leurs charges à la baïonnette échouent contre le feu de mitrailleuses et d'obus de l'ennemi. Beaucoup d'entre eux, blessés, sont ramenés à Montmédy par la ligne d'Ecouviez, en voiture à cheval, en automobile, sans avoir pu tirer un coup de fusil et sans avoir vu un seul allemand. Dans la nuit, nos troupes se retirent et alors commence cette retraite qui se prolongea jusqu'à la victoire de la Marne.

Cette   offensive  française  du  samedi  22  août   1914,  au  centre  du  front,  se  solde   par  un redoutable échec qui mis fin au 17e plan. Le bilan humain est catastrophique : 52 000 français tués ou   blessés   (29000   allemands).   Cette   journée   restera   la   plus   sanglante   de   l'histoire   de   l'armée Française. 

LA RETRAITE

Aux convois plein d'allégresse des jours précédents, succèdent dans les rues de Montmédy
les convois de blessés et de Belges fuyant devant la barbarie de l'envahisseur. Les blessés reçoivent les premiers soins dans les locaux municipaux transformés en hôpitaux avant d'être dirigés sur Laon et Charleville ; seuls restent sur place les blessés non transportables. Le lendemain, quelques soldats d'infanterie de marine, en désordre, venant de Neufchâteau font un récit attristé de leur échec autour de cette ville. Les troupes de la garnison sont en alerte mais elles n'ont pas à intervenir. Seule l'unité douanière poursuit ses missions observation et de surveillance au nord de la place et aux postes fixes.

Les 23 et 24 août, le général en chef et le commandant de la IVe armée ordonnent de prendre, en raison de la situation, les mesures préparatoires à la destruction des ouvrages d'art importants de la région et de la place forte, en préparant le dynamitage des ponts sur la Chiers de Montmédy et de ses environs. Quant au tunnel de 835 mètres de long qui s'ouvre à cent cinquante mètres de la gare, il est miné de trois fourneaux reliés par un cordon détonnant permettant de provoquer une explosion simultanée.

A  11   heures,   la   gare   de   Montmédy   recevait   l'ordre   d'évacuer   tout   son   matériel et son personnel. Le soir même, il ne reste plus ni machine ni wagon; les garde-voies reçoivent à leur tour l'ordre de se replier; un train d'évacuation les emmène à la gare de Sedan qui évacua également quelques heures plus tard. Le lendemain 25, la retraite se poursuit vers la Meuse dans des conditions particulièrement difficiles dues à l'encombrement des routes occasionné par les convois d'artillerie et d'émigrants poussés par les deux armées allemandes (Kronprinz et Wurtemberg).

A 14 heures, une trentaine de cyclistes et uhlans venant du village belge de Gérouville sont
interceptés par onze douaniers de la brigade de Breux commandés par le sous-brigadier Triboulet.
Après un violent contact d'une heure et demie cinq allemands sont abattus et trois douaniers blessés.
Un détachement de la garnison de Montmédy venu en renfort a permis, après un engagement qui dura jusqu'à la nuit, de mettre l'ennemi en fuite. Les préposés Peltier, Curier et Léon François, blessés au cours de l'intervention ont été ramenés à l'hôpital de Montmédy et évacués sur celui de Laon.
Cependant, la retraite des IIIe et IVe armées va laisser la place de Montmédy abandonnée à ses propres forces. En raison de la proximité de l'ennemi, le gouverneur rappelle, le 26 août, les éléments de la défense mobile ainsi que les douaniers qui se trouvent en dehors de la forteresse. En fin de journée, apprenant que deux ponts sur la Chiers au sud de la place ont été détruits par le 2e corps après sa retraite, il demande au GQG s'il y a lieu de procéder à la même opération en ce qui concerne   les   ouvrages   d'art   préalablement   minés.   Les   communications   télégraphiques   étant rompues, la place communique avec l'extérieur au moyen du fil souterrain qui la relie à Verdun. C'est un pigeon voyageur qui apporte ce même jour, la nouvelle concernant la chute de la forteresse de Longwy.  Peu à peu le cercle ennemi continue à se resserrer autour de la place, le canon, qui s'entendait quelques jours avant vers le nord, tonne maintenant à l'est et à l'ouest de Montmédy. 

LE DEPART DE LA FORTERESSE

Au cours de la nuit, arrive l'ordre du général en chef de faire jouer les dispositifs de mines préparés. Le tunnel et les ponts sur la Chiers sautent le 27 août à 5 heures. Le gouverneur réunit alors le conseil de défense, dont font partie les trois officiers douaniers, et, sur l'avis unanime de ses membres, après avoir rendu compte à 7 h 45, au commandant en chef des destructions opérées, il ajoute   qu'en   raison   de   la   situation   générale, le   rôle   de   Montmédy  lui   semble   être   terminé.   Il demande en conséquence des instructions sur la conduite à tenir afin d'éviter, comme à Longwy, une reddition à brève échéance. II est alors décidé de rejoindre les armées en campagne par tous les moyens   après   avoir   opéré   la destruction   complète   des   approvisionnements   et   du   matériel impossibles à emmener.

La   réponse   parvient   au   gouverneur   vers   14   heures.   Le   général   Joffre   lui   indique   de considérer sa mission comme terminée, d'évacuer la place après avoir fait les destructions proposées et de tenter de rejoindre les armées françaises. Le gouverneur décide donc de s'échapper avec la garnison vers Verdun. Tout l'armement est mis hors d'état de servir, les stocks de poudre sont noyés, les approvisionnements en partie détruits et les archives brûlées.

A 19 heures, l'ordre de rassemblement est donné. Le gouverneur décide d'alléger la colonne trop imposante. Pas d'ambulances ni de brancards, pas de chevaux, un paquet de pansements par homme ainsi que 200 cartouches et 2 musettes avec cinq jours de vivres. Le personnel sanitaire comprenant notamment médecins-majors, pharmaciens militaires et infirmiers, reste à l'hôpital de Montmédy pour soigner les grands blessés provenant de la bataille de Belgique.

A 20 heures, tous les éléments de la colonne sont réunis sur la place d'armes soit environ 2300  hommes.  C'est  en  colonne  par  quatre,  lieutenant-colonel  Faurès  en tête, sans matériel  ni bagage, que les 4 compagnies du 165e d'infanterie, la batterie du 5e d'artillerie à pied, les 9e et 10e compagnies du 45e territorial, la compagnie de douaniers de forteresse, des éléments du génie,gendarmes, forestiers et un détachement du 102e d'infanterie et coloniaux (éléments étrangers à la garnison) quittent la forteresse.  La colonne traverse la ville-basse au milieu de la consternation générale, franchit le pont sur la Chiers, qui est détruit partiellement derrière elle, gagne la prairie et longe la voie du petit chemin de fer Montmédy-Damvillers-Verdun dans l'espoir d'atteindre cette dernière ville à l'abri du massif boisé qui forme cette partie de l'Argonne.

Quelques jours plus tôt, cette opération aurait pu se réaliser sans danger mais ce 27 août elle est périlleuse car l'armée du Kronprinz se dirige à marches forcées vers Stenay en contournant Montmédy,   dans   une   direction   perpendiculaire   à   celle   de   la   petite   troupe;   leur   rencontre   est inévitable.

Dès   l'entrée   en   forêt,   la   colonne   longe   la   Chiers   et   croit   entendre   à   proximité,   un détachement allemand. Un certain désarroi se produit et dans l'obscurité plusieurs soldats tombent dans la rivière et se noient. Cet incident se reproduit à l'aube générant des à-coups et séparant involontairement des éléments du gros de la colonne. Toute la journée est employée à rester sous couvert des bois par prudence, car le bruit des convois allemands se fait de plus en plus entendre.
Afin d'échapper à la vue de l'ennemi et de leurs taubes, la traversée d'espaces découverts ne peut s'effectuer que la nuit.

BRANDEVILLE « TANT PIS POUR QUI TOMBE »

Le 28 août au matin, la petite troupe atteint le centre de la forêt de Woëvre, au lieu dit ''Fontaine Saint-Dagobert''. Après un long repos elle repart vers le sud pour tenter le passage de la Meuse à Consenvoye. Arrivée à proximité de la route allant du village de Murvaux à celui de Brandeville,   ses   éclaireurs   lui   signalent   des   mouvements   de   troupes   ennemies.   Elle   s'arrête   à couvert pour passer la nuit. Le lendemain 29 août, vers une heure du matin, le lieutenant-colonel Faurès   réunit   les   officiers   commandants   d'unités   pour   leur   donner   ses   instructions : «  Les renseignements que je possède ne sont guère plus précis que ceux recueillis hier soir à notre arrivée à ce point. Le poste ennemi établi au carrefour des chemins de Brandeville à Murvaux et à Louppy est toujours en place. Les passages de convois ont cessé. Il nous faut traverser la route et chercher à gagner à nouveau le sud vers Consenvoye bien que je ne connaisse pas l'importance des forces qui sont devant nous. Le rendez-vous, après les diverses phases du combat, se fera aux fermes d'Alger et de Constantine. Messieurs, tant pis pour qui tombe. Bonne chance et à ce soir ! ».

A 4 heures, la garnison marche sur Brandeville. Le but de l'attaque est d'ouvrir une brèche
afin que les autres unités puissent s'engouffrer pour s'échapper vers le sud. Elle est engagée par les 4 compagnies du 165e à la sortie du bois sur la route allant du village de Louppy-sur-Loison à celui de Murvaux. Après l'effet de surprise, les forces françaises se heurtent, dans les bois voisins, à deux corps d'armée ennemis avec, contrairement à la colonne française, artillerie et mitrailleuses. Le feu terrible des mitrailleuses allemandes refoule les nôtres dans le bois avec d'énormes pertes. Les autres éléments s'engagent d'une manière décousue et une série de combats a lieu sans cohésion, dans la forêt et sur la route. La compagnie de douaniers se porte en avant et arrive à hauteur de la route, elle prend position à 100 m en arrière. Après avoir répondu au feu venant de la bordure du bois, elle la traverse, baïonnette au canon, le sergent-major Brulle en tête. C'est en entrainant sa
section   qu'il   est   tué   d'une   balle   en   plein   cœur.   Ce   même   jour   trois   autres   douaniers   de   cette compagnie sont tués, le brigadier Deville Henri et les préposés Marchal François et Cazes Lucien. 

De nouvelles forces ennemies entrent bientôt en action et le combat se poursuit longtemps
encore, mais inégal. Le reste de la garnison, dispersé dans la forêt, traqué au milieu des tués et des blessés, vaincu par la fatigue et les privations, tombe aux mains de l'ennemi. Vers 9 heures, la petite troupe dont toutes les fractions sont dissociées, est encerclée de toutes parts et faite prisonnière.
Quelques éléments, résolus à se défendre jusqu'à la dernière limite, tentent, par un mouvement de repli, à échapper à la captivité.C'est au prix de fatigues et de privations considérables, par petits groupes, qu'une vingtaine d'hommes ainsi que le médecin-major du 45e territorial réussirent à franchir les lignes allemandes et à gagner Verdun. Parmi eux deux douaniers - le brigadier Dogny* et le préposé Vernel. Le brigadier Jules Dogny, en poste avant le début de la guerre à Chauvency-le-Château, par la suite sergent au 5e bataillon   de   douaniers   3e   Cie,  a   posté   le   témoignage   suivant   :  «   Comme   j'étais   parmi   les combattants, et un des rares qui n'a pas été fait prisonniers, je tiens à vous signaler la conduite héroïque   de   mon   collègue   Brule,   brigadier   des   douanes   à   Montmédy,   sergent-major   à   notre compagnie, qui fut tué d'une balle au cœur, face à l'ennemi, en entraînant sa section dans une charge à la baïonnette, à hauteur de la route de Murvaux. Tombé à mes côtés, je sais où son corps peut reposer et j'ai pu lui enlever sa montre comme souvenir d'un brave, tué au champ d'honneur.

Cette relique sera remise à sa famille par mes soins aussitôt que le pays où, malheureusement, cette dernière est restée, sera libéré de nos ennemis. ».
Certains   réussissent   à   s'échapper,   avec   des   destinées   diverses   -   le   préposé   des   douanes Joseph Carry, qui, blessé au cours de la bataille est retrouvé mort, le 3 septembre, à l'entrée du bourg de Fontaines-Saint-Clair où il a été inhumé (**). Le sous-brigadier Bourga Charles tué en septembre, le préposé Balteau Jules a également réussi à s'échapper, il est décédé aux armées le 6 octobre, les préposés Viotte Isidore et Jeunesse Jean également décédés aux armées quelques mois plus   tard.   Le   douanier  Baucard,   arrêté   à   Murvaux   par   des   artilleurs   allemands,   après   que   ces derniers lui aient arraché les bandes de son pantalon et les boutons de son uniforme, il réussit à gagner la forêt. Du 6 au 11 septembre il travaille pour un meunier qui l'aide à éviter la traque des allemands. Après avoir regagner successivement Bazeilles près Montmédy, Ecouviez et un village belge voisin, il réussit, quelques mois plus tard, à rejoindre Château-Thierry et le 5e bataillon de douaniers (3e compagnie).

D'autres   petits   détachements   sont   parvenus   également   à   s'échapper   parmi   ceux-ci   le brigadier des douanes Chavet, accompagné de cinq éléments du 165e dont un adjudant, un caporal du génie et un du 5e d'artillerie à pied. Ils ont vécu 55 jours en forêt, d'abord pendant 5 jours de leurs vivres de conserve, puis de pommes de terre arrachées dans les champs. Ils ont été pris et envoyé en Allemagne le 28 octobre  rejoindre leurs camarades faits prisonniers sur le champ de bataille.

TRAGIQUE BILAN

Sur les 2300 hommes de la garnison de la forteresse de Montmédy, quelques six cent sont
tombés   au   cour   de   cette   bataille   (autant   d'allemands).   Ils   ont   été   enterrés,   sous   la   contrainte allemande, par les habitants des deux communes de Murvaux et de Brandeville. Pour une partie de ces poilus, le général allemand Von Moser a apporté le témoignage suivant : « …. Puis je vois des centaines de prisonniers français mis en rang pour être transportés à l'arrière. En allant plus loin, je vois un spectacle que je n'oublierai jamais de ma vie : les Allemands, par représailles, ont pris les fantassins français qui avaient infligé traîtreusement de si lourdes pertes à nos troupes, sous un feu rapide, de tous côtés, au moment où ils traversaient la route ; et, maintenant, sur la route et sur les côtés, comme moissonnés par une faux, gisent des cadavres français, dont j'estime le nombre à
trois ou quatre cents. ». 516 poilus reposent dans le cimetière militaire de Brandeville - 506 en fosse commune. De la centaine de douaniers de la compagnie de forteresse, cinq ont été officiellement tués au cours de cette bataille - leurs noms sont gravés au monument édifié en hommage aux héros de la garnison de Montmédy -, 87 ont été fait prisonniers, dont les trois officiers. Comme tous les prisonniers de la garnison, après avoir été regroupés ils ont embarqué à Longuyon pour les camps des trois villes allemandes de Stuttgart, d'Ulm et d'lngolstadt (fort IX d'Oberstimm pour les officiers - fort Hartmann pour les soldats). Le lieutenant-colonel Faurès qui avait été blessé légèrement à la main par une balle, a également été fait prisonnier. Il a été conduit au général allemand Von Fabeck, qui se trouvait avec son état-major à la lisière du bois de Louppy-sur-Loison, puis emmené au
quartier général du Kronprinz avant de rejoindre Thionville, Ingolstadt et les autres officiers de la garnison.  Le capitaine de réserve Julliac de la garnison de Montmédy termine son récit concernant ces événements   par  les  phrases  suivantes  :   « Telle   fut  l'épopée  d'une  vaillante   petite  garnison  sur laquelle   on   garda   longtemps,   en   France,   le   silence   par   manque   d'indications   précises... ».  Il poursuit   en   précisant   :  « Quant   à  ceux   qui  ont   réussi   à   gagner  Verdun  après  le   combat,   soit isolement, soit par petits groupes, ils sont peu nombreux. Mais ce sont des héros qui, bravant les fatigues et les privations, ont surmonté toutes les difficultés pour rejoindre les unités combattantes.
Devant eux, nous nous inclinons, car leur vaillance ne fut pas appréciée en haut lieu et, tout comme leurs camarades infortunés faits prisonniers, ils ont continué à rester dans l'ombre.» Les places sœurs, les forteresses de Longwy et Charlemont, obligées de se rendre après les terribles  bombardements  qu'elles  ont  subit,  ont  été  citées à  l'Ordre de  l'Armée  pour résistance héroïque. Et c'est justice. Quant à la place de Montmédy, malgré ses missions accomplies et les 600 hommes tombés au combat, pourquoi qu'en guise de lauriers n'a-t-elle recueilli que l'oubli …? 

Michel Sailla
ancien inspecteur régional
à la Direction Nationale du Renseignement et des Enquête Douanières

* Le brigadier Dogny est l'auteur d'un rapport qu'il a présente à Verdun le 16 septembre 1914, nous le publierons prochainement

** Grâce aux recherches effectuées par le responsable local du Souvenir Français, il a pu être identifié et sa sépulture
restaurée. Une cérémonie d'hommage lui a été rendue le 5 septembre 2007 (ECHO n° 24 de janvier 2008).